
Leur esprit contenait des informations qui auraient nécessité des années de transcription si quelqu’un avait essayé de les écrire. Mais les Wolofs gardaient volontairement ce savoir sous forme orale, car les documents écrits pouvaient être détruits, volés ou falsifiés.
La mémoire humaine, lorsqu’elle est entraînée et disciplinée, s’avérait plus fiable que n’importe quelle archive.
Le grand-père de Jabari avait été un griot.
Pas du rang le plus élevé, mais suffisamment respecté pour que sa famille possède un certain statut. Ils n’étaient pas de la royauté, mais ils n’étaient pas non plus des paysans ou des ouvriers.
Ils appartenaient à cette classe intermédiaire de la société africaine que les marchands d’esclaves blancs trouvaient la plus rentable : assez instruite pour être utile, mais pas assez puissante pour être protégée.
Lorsque les commerçants français et portugais établirent leurs forts le long de la côte du Sénégal, ils payèrent les chefs locaux pour fournir des captifs provenant précisément de cette catégorie sociale.
Assez intelligents pour être utiles.
Assez isolés pour être sacrifiables.
Jabari avait 17 ans lorsque les pillards arrivèrent.
Ce n’était pas une attaque au hasard ni un simple raid contre un village.
C’était du commerce.
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