
Épisode 2
La lumière de la chambre s’est éteinte d’un coup.
La pièce entière fut plongée dans l’obscurité.
Pendant quelques secondes, personne ne bougea. On n’entendait que nos respirations et… la sonnerie du téléphone qui continuait.
Je tenais toujours mon téléphone contre mon oreille.
« Allô ? » murmurai-je.
Silence.
Puis un léger bruit se fit entendre. Comme un souffle… très proche du micro.
Ma femme agrippa mon bras.
« Qu’est-ce que tu entends ? » chuchota-t-elle.
Je ne répondis pas tout de suite.
Le souffle continua, lent et irrégulier.
Puis une voix très faible apparut.
« …ouvrez… la porte… »
Je sentis un frisson parcourir tout mon corps.
« Quelle porte ? » demandai-je.
La ligne devint silencieuse pendant quelques secondes.
Puis la voix murmura de nouveau :
« La porte… de la chambre… »
À cet instant précis, nous entendîmes un petit grincement derrière nous.
Nous nous sommes retournés lentement.
La porte de la chambre… s’ouvrait toute seule.
Ma femme serra ma main si fort que ça me fit mal.
« Tu… tu l’avais fermée ? » demanda-t-elle d’une voix tremblante.
« Oui », répondis-je.
La porte s’ouvrit un peu plus.
Le couloir était totalement sombre.
La sonnerie des téléphones s’arrêta soudainement.
Puis la lumière revint.
Tout redevint silencieux.
Je regardai immédiatement mon téléphone.
L’écran était noir.
Le téléphone était toujours éteint.
Ma femme regarda le sien aussi.
Éteint.
Aucun appel. Aucun numéro.
Nous restâmes assis sur le lit, incapables de parler.
Après quelques minutes, je me levai lentement et marchai vers la porte.
Mon cœur battait si fort que j’avais l’impression qu’il allait exploser.
Je regardai dans le couloir.
Personne.
Mais quelque chose attira mon attention sur le sol.
Juste devant la porte… il y avait une ligne de petites fourmis.
Elles entraient toutes dans notre chambre.
Et elles se dirigeaient toutes vers le même endroit.
Le lit.
Je suivis leur trace des yeux… jusqu’à l’endroit exact où nous avions posé nos téléphones.
Ma femme murmura derrière moi :
« Je crois… que quelqu’un essaie de nous dire quelque chose. »
Je me retournai lentement vers elle.
« Qui ? »
Elle resta silencieuse pendant quelques secondes.
Puis elle dit d’une voix très basse :
« L’ami… que nous avons enterré. »
À ce moment-là, les deux téléphones… recommencèrent à sonner.
À suivre…