La réception de mariage fut fastueuse : des lustres étincelaient tels des constellations au-dessus d’une salle de bal animée par les rires, des flûtes de champagne tintaient et un quatuor à cordes adoucissait l’ambiance. Daniel Whitaker, magnat de l’immobilier connu à Boston pour ses costumes élégants et ses transactions encore plus savantes, était dans son élément. C’était son second mariage et, contrairement au premier, tout était une question de perfection : le lieu, la liste des invités, la couverture médiatique. Pour lui, ce n’était pas seulement une question d’amour ; c’était aussi une question d’image.
Mais soudain, un bruit sourd interrompit cette scène soigneusement orchestrée. Devant les immenses baies vitrées donnant sur la rue, un groupe de sans-abri s’était rassemblé, attirés par la musique et l’odeur de nourriture. Un garçon, pas plus de onze ans, se tenait immobile, pressant sa petite main contre la vitre. Ses cheveux étaient en bataille, sa veste trop fine pour l’air mordant de mars.
