La pluie s’abattait sur les colonnes de marbre de la chapelle familiale Winchester , un lieu trop élégant pour le deuil et trop froid pour le confort. À l’intérieur, une mer de costumes noirs et de diamants s’amassait sous la lumière fantomatique du lustre. Le cercueil, en acajou élégant, poli à la perfection, contenait le corps de Richard Winchester , l’un des millionnaires les plus impitoyables de Californie.
Il avait bâti des empires, écrasé des rivaux et laissé derrière lui une famille où la tristesse était un accessoire coûteux. Son fils aîné, Michael , se tenait près de l’autel, chuchotant aux avocats. Sa seconde épouse, Vivian , tamponnait son mascara sans verser de vraies larmes. Tout dans cette journée semblait avoir été répété.
